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L’automne est de retour et avec lui les bons petits produits qui nous réconfortent après une bonne journée de travail.

C’est par exemple le cas de la blanquette de veau mitonnée à la crème Kerguelen (200 g) et du boeuf bourguignon mitonné aux lardons (2 x 190 g) chez Charal, que vous retrouverez dans nos linéaires de Juliénas et Quincié, aux côtés de nouveaux produits référencés cette année : la mini-potée (800 g, Les Brasérades) et les tripes à la mode de Caen (500 g, Bigard).

Bien entendu, vous pouvez compter sur notre traditionnel fromage fort de chez Michon, sur la raclette présentée à la coupe ou tranchée sous-vide, sur le Comté de Poligny, les noix de Grenoble et autres marrons ardéchois ! Sans oublier le saucisson à cuire et nos charcuteries à la coupe qui accompagneront toutes ces bonnes choses !

Bon appétit et au plaisir de vous voir !

L’Epicier Gourmand

Je préfère vous prévenir tout de suite : je ne vais pas être tendre avec les pouvoirs publics, ainsi qu’avec le politiquement correct, qui veulent nous faire croire que l’absence de publicité sur la consommation de vin permettrait de faire baisser l’alcoolisme. Qui, aujourd’hui possède des informations sérieuses permettant de faire un lien direct entre une publicité vantant un produit viticole, et l’alcoolisme ? Personne. Et la démonstration contraire est valable aussi.

Il faut le dire sans détour : un alcoolique n’a pas besoin d’être influencé par une pub pour s’enivrer !

Le problème va devenir crucial dans un monde qui se globalise. Sur Internet, les viticulteurs français se serreront-ils la ceinture pendant que leurs concurrents étrangers auront toute latitude pour faire la réclame de leurs produits ?

Et puis, une chose me tracasse : jusqu’où les pouvoirs publics doivent-ils aller dans notre vie privée ? Sommes-nous devenus incapables de nous prendre en mains ? Il me semble que l’on doit être capable de mener sa barque correctement avant de donner des conseils à son peuple. Et compte tenu du marasme économique dans lequel l’Etat nous laisse sombrer, je ne crois pas qu’il soit le mieux placé pour nous dire ce qu’il est bon de faire ou de ne pas faire.

Dont acte.

463229584.jpgDans une interview publiée dans le Monde du 27 mai 2008, Arnaud Mulliez, le patron de Auchan, met en touche le débat sur les prix : “Arrêtons de dire qu’en France les prix sont très élevés !

Facile ! Quand on veut éluder un problème, on peut toujours le minimiser. Dans le débat sur le pouvoir d’achat, chacun y va de ses chiffres et statistiques. Par conséquent, il est difficile de se faire une opinion objective, et l’on fait invariablement l’analyse par rapport à son nombril. Pour ma part, je pense d’ailleurs que le sujet est complètement subjectif : le consommateur s’offusque de voir le prix des produits alimentaires augmenter, mais il n’hésite pas à casser la tirelire pour s’offrir un 4X4, une télé grand écran ou des baskets Nikes..

Dans le débat sur les prix allemands réputés plus bas que chez nous, Mulliez remet en question les enquêtes prix analysées : elles n’auraient pas été assez exhaustives. Les économistes libéraux en profitent pour fustiger la TVA et les charges trop élevées qui plombent les entreprises françaises. Au lieu de théoriser sur une constitution européenne nébuleuse, les bruxellois feraient mieux de se concentrer sur une initiative qui règlerait en partie ce problème : l’harmonisation fiscale

Par contre, je le rejoins sur la notion de négociabilité, principe qui est mis en avant par la Loi de Modernisation de l’Economie. Il est effectivement faux de penser que la négociation des prix va mettre le couteau sous la gorge des PME. Les grands distributeurs ont besoin d’elles pour contrecarrer les ambitions hégémoniques des industries agro-alimentaires. De plus, une PME qui fabrique de bons produits, n’a aucune raison de céder à des conditions trop draconiennes : le client finira toujours pas les réclamer ! Point de convergence aussi celui de son opinion sur les discounters : les employés de ces commerces aux gammes étriquées ont effectivement peu de possibilité d’évolution de carrière. Je vais plus loin en affirmant qu’ils sont le sous-prolétariat de la grande distribution

Quant à la libéralisation des implantations, je vois mal comment un quatrième larron viendrait s’implanter là où en existent déjà trois autres qui vivotent. Je crois plutôt à une sorte d’entente sous cape. On peut retourner le problème dans tous les sens : le gâteau ne grossissant plus, le partage est inévitable. La loi de Modernisation de l’Economie est le prélude au Yalta de la grande distribution. A quand une loi anti-trust ?

Des franchisés du Groupe Carrefour, en l’occurrence Guyenne & Gascogne d’une part, et Coop Atlantique d’autre part, sont en conflit pour une question de tarifaire. Le Groupe Carrefour, agissant ici en qualité de centrale d’achat, est accusé de ne pas rétrocéder toutes les marges arrières. Ceci est à mettre en parallèle avec les tarifaires anormalement élevés pratiqué par ce même groupe à l’endroit de ses affiliés et franchisés de la branche proximité. Si la situation est grave, il est bon de savoir que Carrefour loge tout le monde… à la même enseigne ! Dans la lutte pour l’amélioration du pouvoir d’achat, les centrales d’achat vont devoir revenir à leur mission première : acheter au moins cher certes, mais aussi revendre au moins cher. Leur rôle n’est pas d’encaisser les marges arrières pour le compte de l’expansion des groupes de distribution.

Fidèle à sa politique de communication dans laquelle le faucheton le dispute au mielleux, en fin de journée, ce jeudi 22 mai, Carrefour a publié un communiqué précisant qu’il ne souhaitait pas commenter cette affaire, mais continuait d’entretenir “un dialogue permanent avec Guyenne et Gascogne comme avec l’ensemble de [ses] autres partenaires et affiliés.”

Une promesse de Gascon ?

La papesse de la biodynamie à 86 ans et s’appelle Maria Thun. S’inspirant des travaux du philosophe Rudolf Steiner (1861 – 1925) qui considère que chaque plante, et la vigne en est une, porte en elle-même les éléments qui lui permettent de lutter contre les maladies. Si l’on suit les cycles naturels des planètes et des saisons, on peut se passer des pesticides et des insecticides. Avec des dizaines de milliers de tonnes de ces produits pulvérisés chaque année, les nappes phréatiques sont polluées, provoquant notamment des cancers. Des vignerons réputés ont adopté des conduites alternatives comme par exemple Aubert de Villaine, Lalou Bize-Leroy, Olivier Humbrecht, Nicolas Joly, Michel Chapoutier. Je suis perplexe : superstition ou méthodes d’avenir ? On peut lire sur ce thème le livre de Fabrice Nicolino et François Veillerette : Pesticides, révélations sur un scandale français, Fayard.

Avec quatre hypermarchés Carrefour, un supermarché Champion, quatre domaines viticoles et 1500 collaborateurs, Jean-Pierre Labruyère dirige depuis Mâcon un petit empire familial. J’ai retrouvé dans La Revue du Vin de France de septembre 2007 son opinion sur la crise que traverse le Beaujolais : [...] la situation est catastrophique. Nous avons la menace d’une crise sociale grave. Près de 45 % du millésime est vendu chaque année sous forme de de Beaujolais Nouveau, en un mois. Il n’y a pas d’équivalent dans le monde. Malheureusement, le Beaujolais est porté par un discours marketing et n’a plus d’image de qualité. Pire, il occulte désormais le marché des crus. Il y a vingt ans, le prix des Moulin-à-Vent était le même que celui des Château-Neuf-du-Pape ou des Mercurey. Aujourd’hui, c’est moins de la moitié. L’interprofession porte une lourde responsabilité dans ce bilan désastreux : elle n’a pas su limiter ses rendements ni contrôler la qualité de ses vins.

Se faire passer pour du Champagne, c’est peut-être légal, mais ce n’est pas juste. C’est en substance la traduction du message que l’on peut lire sur l’affiche de la campagne de publicité réalisée au printemps 2007 par une agence américaine, à la demande de l’interprofession champenoise. Il faut savoir en effet que la mention Champagne peut être utilisée tout à fait légalement par les mousseux américains depuis qu’un amendement a été voté en ce sens en 1997. La bataille pour la défense de l’appellation passe donc dans ce pays par la sensibilisation. Ainsi peut-on lire aussi sur cette affiche : Dans un pays de droit du consommateur, une loi fédérale interpelle nos traditions. Les bons vins mousseux ne manquent pas, mais seuls ceux élaborés sur les coteaux crayeux de la Champagne, en France, peuvent porter le nom de cette région. Une faille juridique permet à certains vins américains de se faire passer pour du Champagne. [...] Faites tomber les masques. Exigez un étiquetage fidèle. Signez la pétition sur www.champagne.us.

Dans un article du Monde.fr daté de demain, Nathalie Brafman donne cinq raisons qui empêchent les prix de baisser en France. La mise en coupe réglée du territoire français : seulement 13 % des zones commerciales sont couvertes par plus de deux enseignes. Des positions dominantes qui sont renforcées par la multiplicité des formats qui maillent certains territoires. La loi Raffarin qui aurait freiné le développement des discounters. Je parle au conditionnel car je ne suis pas d’accord sur ce point. Mon argumentation méritera une note à part. Une loi Galland trop rigide et qui devrait être assouplie dans le package de la loi de modernisation de l’économie : industriels et distributeurs vont tirer leurs prix vers le bas, balayant au passage quelques salariés et petits fabricants. L’idée fausse selon laquelle les supermarchés sur Internet seraient moins chers.A cela j’ajoute une sixième raison, qui existe depuis toujours, mais qui n’était pas évidente tant que le pouvoir d’achat n’était pas la première préoccupation des Français. Je veux parler des prix anormalement élevés que les centrales d’achat appliquent sur leurs petits affiliés indépendants. Le Groupe Carrefour sur les affiliés Proxi Service ; le Groupe Casino sur les franchisés Vival. La distortion est devenue trop importante pour que le consommateur n’en tire pas les conséquences. J’en veux pour preuve une enquête prix que j’ai faite aujourd’hui entre mon enseigne (Proxi Service) et un magasin Carrefour situé à douze kilomètres. Elle révèle que j’achète TTC les produits à la centrale d’achat 11 % plus chers que ne les vend le magasin Carrefour à ses clients ! Là-dessus, je prends une marge pour couvrir les charges inhérentes au fonctionnement de mon commerce : rémunérations, charges fixes et variables, taxes, etc. Pour ce qui est du Carrefour de Crêches sur Saône, ces charges sont payées par le siège national du groupe. J’apporte donc ici la preuve que les petits commerces indépendants affiliés au Groupe Carrefour financent les enseignes intégrées de ce même groupe.

J’ai par conséquent entamé une négociation avec le Groupe Carrefour pour qu’ils intègrent dans mes prix d’achat les marges arrières qu’ils gardent pour leur seul profit et celui de leurs enseignes intégrées. J’invite mes collègues à en faire autant et à me contacter pour mettre en place un syndicat d’affiliés.

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